Cette série trouve son origine dans une expérience profonde : une parole de guérison reçue en 1997 à l’église Saint-Nicolas-des-Champs, lors d’une assemblée de prière pour les malades. Cette parole a marqué un tournant décisif, appelant Grégoire à s’engager dans la peinture, tout en le libérant d’un mutisme profondément ancré.
Gratitude propose ainsi une peinture comme acte de reconnaissance, avec une écriture non pas classique, mais qui est propre à Grégoire. Animé par le désir de traduire la joie, la gaieté et la louange, Grégoire prolonge les traces amorcées dans la série des « Toiles Rythmiques », qui fût la première réalisée en mode sériel. Cette démarche se nourrit également de l’influence des « Sculp-Boutures », dans leur expression la plus épurée : un travail sur la profondeur et la perspective, obtenu par l’ajout d’éléments en volume; bois ou objets; venant dialoguer avec la surface peinte.
La série se déploie selon trois axes :
Les toiles rythmiques monochromes, où l’ajout de bois peint prolonge le mouvement du rythme. Les couleurs complémentaires du fond rythmique, semblent s’avancer vers le spectateur, comme en suspension, donnant la sensation de pouvoir toucher la couleur.
Les portraits en double présence, où une toile peinte accueille, en son devant, un visage peint sur bois. Ces figures, tantôt christiques, tantôt anonymes, dégagent un silence habité, invitant à une rencontre intérieure.
Les compositions abstraites colorées, dont certaines relèvent également des Sculp-Boutures. Elles poursuivent cette recherche rythmique, dans un langage plus libre, où la couleur devient vibration.
La plupart des œuvres sont réalisées sous l’influence de chants de louange. Elles portent les traces de structures musicales: mesures, portées, fragments mélodiques comme une transcription visuelle du rythme. Grégoire puise également dans le jazz, la musique classique ou le rock, dont l’énergie et le souffle rejoignent, pour lui, au divin.
À travers cette série, la peinture devient un lieu de passage entre l’invisible et le sensible, et est complétée d’une série de photographies d’atelier.